Rare secrétaire serre-bijoux, Paris, époque Louis XV vers 1760-1765, estampillé BVRB et JME
Rare secrétaire serre-bijoux, Paris, époque Louis XV vers 1760-1765, estampillé BVRB et JME.
Bernard II Van Risen Burgh (c.1700-1766), reçu Maître en 1730.
Petit secrétaire formant serre-bijoux en placage de bois de rose en frisage, amarante et satiné, il ouvre par un couvercle muni d’un miroir au revers et un abattant gainé de velours de soie de couleur pourpre, la façade est décorée d’un vase à l’antique en bois de bout de violette, l’intérieur découvre quatre tiroirs à fonçures de chêne, il repose sur un piètement ouvrant par un tiroir en ceinture. Garniture de bronze ciselé et doré : frise, agrafes, chutes, entrées de serrures et sabots enchâssés. Estampillé BVRB et JME sous la ceinture.
Dimensions : H : 99 x L : 42 x P : 42 cm.
Ce secrétaire serre-bijoux est bien caractéristique d’une période stylistique encore trop méconnue de l’atelier des Van Risen Burgh : le néo-classicisme.
Bernard (II) Van Risen Burgh (c.1700-1766) (B.V.R.B.) fut reçu maître ébéniste avant 1730 et cessa son activité en 1764 lorsqu’il vendit son fonds de boutique à son fils Bernard (III) Van Risen Burgh. Celui-ci exerça jusque vers 1771-1772 reprenant l’estampille, B.V.R.B., de son père. Si B.V.R.B. reste communément le plus parfait représentant du goût rocaille, il céda néanmoins dès 1760 au dernier goût néoclassique. Le véritable initiateur de ce style fut le collectionneur d’art Ange-Laurent de La live de Jully et son dessinateur Le Lorrain qui lui créa en 1754-1755 tout un mobilier « composé dans le goût antique ». Le succès de ce mobilier fut tel, qu’il fut à l’origine d’un style nommé « à la grecque » qui s’empara de Paris de 1760 à 1765. En plein règne de Louis XV, le style « à la grecque » avait déjà toutes les caractéristiques du futur style Louis XVI. C’est vers 1740-1745 que B.V.R.B. commença à pratiquer la marqueterie de fleurs, mettant au point une manière qui lui était particulière, associant des fleurs en bois de violette scié « de bout » se détachant sur fond « de fil » de bois de rose, le tout sur contrefont en amarante. Ici, B.V.R.B. conserve toujours la même technique, mais associe un vase totalement néoclassique. L’originalité de conception et la précocité stylistique de notre meuble ne peuvent être comprises qu’à travers l’intervention d’un marchand mercier, qui commanda l’exécution de ce meuble à B.V.R.B., le dirigea et lui fournit des dessins et des modèles. Il s’agit très certainement de Simon-Philippe Poirier, le grand marchand mercier de la capitale, qui faisait alors travailler B.V.R.B. et Joseph Baumhauer et qui utilisera quelques années plus tard Bernard (III) Van Risen Burgh. Le meuble ici présenté peut-être rapproché d’une série de serre-bijoux et de commodes estampillées B.V.R.B., datables vers 1755/1765, et attribuables soit à Bernard (II) soit à Bernard (III) Van Risen Burgh qui présentent des caractéristiques et un décor de vase antique similaires.
Œuvres comparatives : Fig. 1. Serre- bijoux. Collection Patino. Sotheby’s New-York. The Collection Patino. 1 novembre 1986. Lot 116 – Ancienne collection Madame de Polès. Galerie Georges Petit. Paris. 24 juin 1927. Lot 259. Fig. 2. Serre-bijoux. Collection Penard y Fernandez. Paris. Palais Galliera 7 décembre 1960. Lot 125. Fig. 3. Commode. Collection vicomtesse de Vigier. Paris. 2 juin 1970. Lot 125.
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