Commode François Linke
D’après la commode initialement prévue pour la chambre de Marie-Antoinette au château de Compiègne par Joseph Stöckel (1743-1802), ébéniste et Guillaume Benneman (1750-1811), ébéniste.
Exceptionnelle commode à vantaux en acajou, placage d’acajou et riche ornementation de bronzes ciselés dorés, reposant sur quatre pieds fuselés et montants cannelés et rudentés, ouvrant par trois tiroirs en ceinture centrés d’un mufle de lion entouré de rinceaux à volutes surmontant deux portes montées d’une plaque en biscuit de Wedgwood représentant une scène à l’antique, une jeune femme et deux prétendants, ouvrant sur une étagère réglable. Les côtés décorés présentant en pendant deux médaillons en biscuit de Wedgwood, à gauche « Les trois grâces » et à droite « Cupidon réunissant les prétendants ». Dessus de marbre fleur de pêcher. Signée sur la moulure de bronze, colonne latérale droite : « F. LINKE », monogrammé FL et numéroté 904 au dos des bronzes ainsi qu’à l’intérieur des serrures « Ct Linke, Serrurerie, Paris » et 904, les plaques en porcelaines portent la marque Wedgwood au revers, clé à trèfle.
Paris, vers 1900.
Cette commode de François Linke, inspirée par la somptueuse paire de commodes à vantaux de Guillaume Benneman, créée initialement pour la chambre de Marie-Antoinette au château de Compiègne, puis finalement placée dans son Salon des jeux à Fontainebleau pour épouser un formidable décor néoclassique aux panneaux muraux peints de délicates arabesques résume parfaitement le goût de la fin du XIXème siècle pour le XVIIIème siècle et l’Ancien Régime. Ses montures finement ciselées de rinceaux à volutes et plaques de porcelaines raffinées rappellent les originaux du XVIIIème siècle, tandis que sa taille, légèrement réduite, et son intérieur modifié, pouvant accueillir des étagères plutôt que des tiroirs comme sur l’originale de Benneman, donnent une nouvelle fonctionnalité à la célèbre commode faite pour la reine de France.
La clientèle de François Linke avait sans doute compris l’importance de ce modèle en s’empressant de meubler ses grandes demeures dans un style rappelant les chambres de Fontainebleau. Pour la clientèle du XIXème siècle, Marie-Antoinette était l’une des figures les plus emblématiques de l’Ancien Régime, les grands de ce monde souhaitaient meubler leurs demeures dans un style rappelant la chambre de Fontainebleau. François Linke créa ainsi la commode, dite à la Reine, d’une taille légèrement inférieure à l’originale de Fontainebleau, correspondant mieux aux intérieurs modernes des années 1900.
Guillaume Benneman était l’un des créateurs préférés de Marie-Antoinette. Il a créé de splendides meubles durant les dernières années de l’Ancien Régime pour le Château de Versailles, le Palais des Tuileries et le Château Saint-Cloud pour des clients prestigieux dont Louis XVI, Marie-Antoinette et le comte de Provence. Comme beaucoup de créateurs au XVIIIe siècle, ses œuvres sont le fruit d’une collaboration artistique, et ses confrères incluent des bronziers Thomire, Ravrio et Feuchère. La paire de commodes qu’il a créée pour Marie-Antoinette, l’inspiration pour le lot actuel, faisait partie d’une série de huit qui ont finalement été transformées par un processus complexe et coûteux d’un groupe de quatre commencé par Joseph Stöckel. La paire de Fontainebleau était à l’origine destinée à la chambre de Marie-Antoinette au Château de Compiègne, puis placée dans son salon des jeux au Château de Fontainebleau, une splendide salle de design néo-classique superlatif aux panneaux muraux peints d’arabesques délicates.
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